Joseph
et Marie Marguerite ont eu onze enfants dont deux peuvent être
cités :
- Adrien Joseph L'Eleu, Seigneur de Servenay,
conseiller au bailliage et siège présidial de Laon,
Procureur du Roi en l'hôtel de cette vi1le, Subdélégué
de Mgr l'Intendant de la Généralité de Soissons.
Il est inscrit parmi les bienfaiteurs des Frères des Ecoles
Chrétiennes. Il fut marguillier de St Rémy à
la Place de 1771 à 1773. Il y a des lettres de lui aux
archives.
-
Simon
II l'Eleu
(1712 Laon-1799 à Presles) est donc le seul enfant de Joseph
à avoir eu une descendance connue.
Il fut seigneur de la Mothe, de la Bretonne et de Presles, avocat,
lieutenant particulier au Présidial de Laon, Conseiller
de Ville, Procureur du Roi en l'hôtel de ville (1747), Conseiller
(1751), Gouverneur échevin , Maire de Laon par brevet du
Duc d'Orléans (1773).
Simon a épousé Marie Charlotte Jongleur, fille de
Charles Jongleur Seigneur de Montigny, élu en l'Election
et de Marie Madeleine Brucelles de la Ville aux Bois. Elle était
alors sous la tutelle de sa mère et la curatelle de Jean
Baptiste Brucelles. Charles Jongleur était fils d’Antoine
Jongleur et de Marguerite Tucien.
La
famille Brucelles a donné un commandeur de StJean de Jérusalem,
un chanoine de Rosoy et plusieurs seigneurs de la Ville aux Bois.
Marc Antoine était Seigneur de Salon et Henry François,
chevalier de St Louis, capitaine au régiment de lyonnais
dont la veuve, Anne Thérèse de Sars, épousa
en 2ème noces le 13 mars 1778, Pierre Léopold de
Castres, capitaine d'infanterie, fils de Louis Nicolas, chevalier,
seigneur de Vaux les Rubigny et de Bénigne d'Artaise et
conserva l'usufruit de la seigneurie de la Ville aux Bois qui
ne passa qu'en 1783 dans les mains de Claude Antoine L'Eleu seigneur
d'Elmé.
Marie Charlotte Jongleur est issue de Lancelot de Blois dont la
femme Françoise Moet est alliée au vénérable
Jean Baptiste de la Salle dont la mère était Nicole
Moet de Brouillet.
Claude Tucien de la Motte, père de Marguerite et d'un chanoine
avait épousé Jeanne Marquette.
Marie Madeleine Brucelles est fille de Jean Brucelles receveur
de la Baronie de Pierrepont, et d’Anne Catherine Aubert.
Elle est née en 1685 et morte le 1er juillet 1765. Jean
Brucelles est fils de Jean et de Léonore Liégeois.
Anne Catherine Aubert est fille de Nicolas, receveur au grenier
à sel et de Marie Branche.
La famille Aubert, une des plus considérables du Laonnois
est issue de Jean Aubert, originaire du Hainault, capitaine et
gouverneur de Chimay sous Louis XI et naturalisé en 1491.Adam
Aubert, seigneur de Lislet, lieutenant général de
1'Archiduc Albert, tué à Niewport en 1680 avait
épousé Isabeau de Coucy Vervins.
La famille Aubert est alliée aux L'Hotte, de Lamer, de
Néron, Denis de Landifay, de Castres, Doulcet de Courtuy
(?), de Montboizet, Dantard de Proviseux, de la Burte, le Gendre
du Gay, Marquette, de Lancy, d'Espinoys, Rémy de Mongazon,
d'Artaize, de Bezannes, de la Fontaine, Levent, de Y de Missy,
de Champignelles, Godart de Clamecy, Lelanne du Martroy, de Champagny,
Daru, Dorigny de la Neuville, Dagneau de Richecour.
C'est par Marie Madeleine que le fief de la Ville aux bois a été transmis à la famille l'Eleu, en même temps que le fief de la Simone en 1783. Ce fief, probablement situé en Thiérache, n’a pas encore été identifié.
Trois fils de Simon II ont eu des descendants : André Joseph,
Claude Antoine, Simon Joseph.
-
André Joseph l'Eleu, le fils
aîné étant le seul à avoir des descendants
au siècle suivant. Il est né le 27 mars 1738 et
décédé le 3 janvier 1799 à Laon. Seigneur
de Presles et de la Simone. Conseiller du roi, doyen des
conseillers au Bailliage de Vermandois et Siège Présidial
de Laon.
Il a épousé Marie Elisabeth Danye, fille d’Antoine
Philbert Danye et Marie Madeleine Sérurier de Sore. Antoine
Philbert Danye, écuyer, lieutenant en 1734, capitaine le
4 Février 1735, capitaine de grenadiers 1747, chevalier
de St Louis 21 Mars 1754, commandant du bataillon de grenadiers
royaux (fils de Philbert conseiller au bailliage et de Marie Scanda)
et de Marie Madeleine Sérurier. La sœur d'Antoine
Philbert, Elisabeth, avait-épousé Mathieu Guillaume
Sérurier, écuyer seigneur de Sore et de St Gobert
garde du corps du Roi, père du Maréchal. M.Danye
était donc de deux côtés oncle du Maréchal
et c'est lui qui le fit recevoir sous-lieutenant du bataillon
de grenadiers royaux à 13 ans. Sa carrière militaire
a prouvé que cette faveur n'avait pas été
sans motifs.
Madeleine Danye, sœur d'Antoine Philbert, épousa Philbert
Adrien Dagneau de la Bretonne, officier chez Madame la Dauphine
grand-père de M.M.de Sars et de Mesdames de Brauer, d'où
il résulte que cette famille n'est parente des Sérurier
que par leur mère tandis que M.M. l’Eleu sont parents
par les Danye et par les Sérurier au même degré.
Les renseignements remontent à Pierre Sérurier qui
vivait à Marle en 165O. La branche aînée vint
s'établir à Laon vers 1676 par le mariage de Mathieu
Sérurier avec Elisabeth Resteau. Mathieu Sérurier
seigneur de Sore, écuyer, garde du corps du Roi, épouse
le 24 février 1716 (né en 1681), Madeleine Tristrand,
née en 1684, fille de Guillaume officier chez le Roi et-
de Madeleine Jongleur.
Son fils Mathieu Sérurier, seigneur de Sore et de St Gobert,
épouse en 1740 Elisabeth Danye. Il est donc tout à
fait inexact que le Maréchal Sérurier ait eu besoin
de la Révolution pour parvenir, il était Lieutenant-colonel
avant 1789. Quoiqu'il ait partagé quelques-unes unes des
erreurs du temps et accepté trop facilement les préjugés
de cette époque, sa gloire est pure. Grand général,
quoique rarement heureux, il n'eut pas une indélicatesse
à se reprocher et vécut toujours pauvre. Son frère
M. du Tranoir, fut Consul en Portugal et Sous-préfet. C'est
lui qui a légué à M.M.L'Eleu de la Simone
leurs terres de Cernay. Le Maréchal avait adopté
une jeune fille qui épousa le Général de
Kermont.
La branche de la famille Sérurier qui resta à Marle
était représentée sous l'Empire par louis
Barbe Charles Sérurier qui seul portait ce nom et qui en
recueillit tous les avantages quoique parent au 9e degré
seulement du Maréchal. Il hérita du titre de Comte
et fut Ministre Plénipotentiaire comme son fils aîné
qui épousa la fille du comte de Baillet La Tour.
Antoine François Danye père de Philbert maitre des
eaux et forets épouse Elisabeth Levent fille de Philbert
Levent procureur du Roi et Marguerite Pétré de Vincy.
Une petite-nièce d'Elisabeth Levent épouse Louis
César de Y, seigneur de Seboncourt et de Missy père
de la marquise de Rogres de Luzignan de Champignolles et frère
de M. de Y de Résigny.
On pourra lire en annexe des détails sur la carrière
militaire du Maréchal.
André
Joseph est le seul à avoir des descendants l’Eleu
au XIX ème siècle
- Claude Antoine l'Eleu de la Ville aux
Bois né en 1750 et décédé en
1798 à Laon.
Seigneur d'Elmé, de la Ville aux Bois, (en 1781), de St
Mard, de Salon et de Lislet en partie, avocat au parlement, Conseiller
du Roi, Lieutenant en 1'Election de Laon, Bailly général
des justices du Chapitre de Laon, Subdélégué
de l'Intendant. Conseiller du Roy, subdélégué
à Laon en 1789, il fut élu le 30 mars Député
de la ville de Laon à l'Assemblée Constituante,
dont il fut secrétaire, suppléant de juge au Tribunal
de Cassation (1791). On relève son nom parmi les signataires
du « Serment du jeu de paume ».
Président
du Tribunal criminel du Département de 1'Aisne et Commissaire
du Gouvernement près le même Tribunal. Il fut un
de ceux que sa ville natale eut pour champions dans l'Assemblée
Constituante, et dont à ce titre, le nom doit être
en honneur. Sa carrière offre, d'ailleurs, deux particularités
dignes d'attention: appelé, lors de l'établissement
des tribunaux criminels, à exercer la présidence
de celui de l'Aisne, il se montra pénétré
de l'esprit de la nouvelle institution et il traça la véritable
route à ses successeurs, en leur donnant l'exemple de l'exactitude
et de l'impartialité. Il y eut, dans le département
de l'Aisne comme à Paris, un moment où la supériorité
se balança entre les modérés et les terroristes.
L'issue de la lutte n'y fut pas différente, et la Ville
aux Bois, chef du parti vaincu, expia par une périlleuse
et honorable captivité, le crime d'une résistance
inutile (il avait refusé de condamner M.de Vassault). Lorsqu'il
reparut au Tribunal criminel comme officier du ministère
public, il portait déjà dans son sein le germe de
la maladie à laquelle il succomba le 7 Mai 1798.
Un ouvrage de M. Fleury sur les cahiers des Etats Généraux
parle longuement de Claude Antoine et de ses discours à
l'Assemblée Constituante .
Il a épousé la fille de Charles Barthélemy
Perin, seigneur de Souli et Lugny en partie, Elmé, Procureur
du Roi au Bailliage de Marle.
Il a eu neuf enfants dont l’ainé a été
tué à Iéna en voulant s’emparer d’un
drapeau ennemi. Un autre, André Barthélémy,
ancien élève à l’école Polytechnique,
fut colonel d’Infanterie de Marine et Commandant militaire
de la Guadeloupe. Aucun n’a eu de descendance masculine.
Une fille, Marie Thérèse Joseph a épousé
Jacques Joseph de Fouan, officier de cavalerie dans les armées
de Bourbon, hollandaise, anglaise et de Condé, légion
de Brunpont, légion de Béon, Choiseul hussard, Chevalier
de la Couronne, Régiment noble de Berri (1er Novembre 1791-30
Avril 1801), anobli par lettres royales du 28 Janvier 1826. Receveur
principal des octrois de la ville de Lille, commandant le 2e bataillon
des grenadiers de la Garde Nationale de Lille en 1816, chevalier
de St Louis, du Lys et de la légion d'Honneur, mort à
Lille le 18 avril 1839.
- Simon Joseph L'Eleu, Seigneur de la Bretonne,
écuyer, Capitaine de cavalerie, garde du corps du Roi,
Cie de Villeroy, chevalier de St Louis, puis prêtre, curé
de Laval, près Laon, Presles, Thierny et Nouvion .
Simon Joseph l'Eleu de la Bretonne fut le premier de la famille
l'Eleu à embrasser la carrière militaire sous l'Ancien
Régime (peut-être a t’il influencé ses
neveux que nous avons vus au paragraphe précédent).
Il entra dans une formation prestigieuse, celle des gardes du
corps du Roi, qui comprenait quatre compagnies. Il entra dans
la 1ère compagnie française, celle qui fut commandée
par la dynastie des ducs de Villeroy depuis 1695 jusqu'en 1791.
A la Révolution, Simon Joseph resta fidèle à
son roi et n'émigra qu'au début de juillet 1793,
donc après la mort de Louis XVI. Il rejoignit l'armée
de Condé, où il fut accueilli assez fraîchement
par les émigrés de plus longue date.
Après son départ, son épouse Marie Françoise
Martin d'Eziles (fille de Philippe Martin seigneur d'Eziles, chevalier,
Conseiller à la Cour des Monnaies de Paris) ne tarda pas
à être emprisonnée, comme femme d'émigré,
dans les bâtiments du séminaire de Laon, transformé
en prison. Ses deux enfants restèrent dans la maison de
Presles, sous la garde attentive de leur tante Thérèse
Antoinette Charlotte l'Eleu, sœur non mariée de leur
père, une femme de tête, très avisée
et très pieuse. Hélas, une épidémie
ravagea les locaux malsains de la prison, Mme de la Bretonne en
fut atteinte et décéda le 5 juin 1794. Un an après,
c'est le jeune Simon Charles qui mourut prématurément
le 16 juillet 1795, à Presles, entre les bras de sa bonne
tante.
Pendant ce temps, Simon Joseph menait en Allemagne une vie dangereuse
et misérable, très éprouvante, ce qui l'amena
à faire un grand retour sur lui-même et à
se tourner vers Dieu. Les tristes nouvelles de la mort de son
épouse, puis de son fils, ne firent qu'accentuer son dégoût
du monde. Il rencontra heureusement un prêtre, un certain
abbé Lefevre, auprès duquel il trouva appui et réconfort,
tant et si bien que Simon Joseph décida de consacrer désormais
sa vie au Seigneur. II suivit en Allemagne une formation qui lui
permit de recevoir les ordres mineurs à Münster dès
le 20 mai 1796, puis le sous-diaconat à la fin de 1797
et enfin le diaconat le 29 avril 1798. Il fut ordonné prêtre
le 1er mai 1798 à Emmerich, en Wesphalie, par l'évêque
d'Emmerich et avec le consentement de l'évêque de
Ruremonde, primat de Gueldre (en Hollande). Malheureusement, il
lui fallut attendre la promulgation du Concordat en France, le
8 avril 1802, pour que lui comme tous les autres prêtres,
puissent rentrer en France. Simon Joseph fut amnistié comme
émigré le 8 juillet 1802, ce qui lui permit enfin
de retrouver sa fille et sa sœur, après neuf ans d'absence.
C'est seulement le 1er mai 1803 qu'il fut nommé curé
de la paroisse de Laval, près de Laon, à laquelle
on lui adjoignit très vite celle de Nouvion-le-Vineux,
puis en 1809 celle de Presles-et-Thierny. C’est lui qui
bénit le mariage de sa fille et fit le baptême de
ses quatre petits-enfants.
En 1818, l'évêque de Laon nomma Simon Joseph à
la cure décanale d'Anizy-le-château, ce qu'il accepta,
mais il revint sur sa décision lorsqu'il apprit qu'il devrait
desservir aussi les paroisses de Lizy et de Merlieux, ce qui lui
paraissait au dessus de ses forces, à l'âge de 67
ans. Cependant, à la fin de 1819, l'évêque
de Laon voulut le nommer curé archidiacre de Soissons.
Après un premier mouvement d'effroi, Simon Joseph se résigna
à accepter, mais un incident se produisit à la dernière
minute : Simon Joseph montra au vicaire général
le texte de l'allocution qu'il voulait prononcer le lendemain,
lors de sa réception à Soissons, et le vicaire général
exigea qu'il y apportât des modifications et qu'il prononçât
le texte de mémoire, sans le lire. Cela persuada Simon
Joseph qu'il ne serait jamais à la hauteur de la charge.
Il écrivit aussitôt à l'évêque
pour se désister, passa une très mauvaise nuit et
retourna dès le lendemain à Laval, à la grande
surprise de ses ex-paroissiens qui pleuraient son départ
et se mirent à pleurer de joie. L'évêque persista
à maintenir la nomination de Simon Joseph à Soissons,
mais celui-ci lui adressa, avec toutes ses excuses et ses respects,
une lettre de démission, à la suite de quoi il reçut
de nouveaux pouvoirs pour les cures de Laval, Presles et Nouvion.
Il reprit donc ses modestes fonctions de curé de campagne
qui lui convenaient mieux, continuant à se faire aimer
de tous par sa bonté et sa très grande charité.
Au début de 1825, il eut une attaque d'apoplexie, sa santé
se dégrada rapidement et il mourut le 30 mars 1825 au matin,
dans sa 75è année, pleuré de tous, et en
particulier de sa fille et de ses petites-filles, venues encore
la veille auprès de lui.
Sa fille, Thérèse Françoise a épousé
en 1803, à Presles, Nicolas Ferdinand Jérôme
de Hédouville, chevalier, officier de l'armée de
Condé, chef d'escadron brigadier des gardes du Corps du
Roi Louis XVIII chevalier de St Louis et de la légion d'Honneur,
puis prêtre, chanoine honoraire de l'église Cathédrale
de Soissons, fils de Jean Louis Nicolas de Hédouville,
garde du Corps du Roi.
La famille de Hédouville qui a pris part aux Croisades
est originaire du Beauvaisis. Louis de Hédouville, Chambellan
de Louis XII fut Gouverneur d'Arques et Bailly d'épée
du pays de Caux. Il épousa Françoise de Rouvroy
de St.Simon et fonda avec elle le Couvent des Minimes d'Amiens.
Le château de Sandricourt leur appartenait quand eut lieu
le célèbre Pas d'Armes de Sandricourt. Ferdinand
de Hédouville, perdit sa femme en 1829 et sa mère,
le 8 juin de la même année. Ces deux décès
successifs le conduisirent à imiter son beau-père
et à se consacrer à Dieu lui aussi. II faut dire
qu'il avait eu, sous la Révolution, un parcours assez semblable
à celui de Simon Joseph l’Eleu et qui le prédisposait
à cette orientation.
En effet, dès mars 1792, son père, qui était
garde du Corps du Roi, avait émigré pour rejoindre
l'armée de Condé, emmenant avec lui ses deux aînés,
dont Ferdinand, né en 1774, était le plus jeune.
Malheureusement, les fatigues et les privations de cette vie en
exil entraînèrent la mort de M. de Hédouville
père au début de 1796. Ses deux fils, saisis par
le même dégoût du monde que Simon Joseph â
peu près à la même époque, décidèrent
d'entrer à la Trappe et quittèrent donc le Brisgau
au début de 1792 pour se rendre chez les trappistes français
de la Val-Sainte, près de Fribourg en Suisse, couvent qui
suivait une réforme très sévère instituée
par le R.P. Augustin de Lestrange. Mais en mars 1798, tous les
trappistes durent fuir, à l'approche des armées
républicaines. Les pérégrinations pour arriver
finalement en Volhynie, furent tellement longues et pénibles
que Ferdinand de Hédouville ne put tenir le coup physiquement,
il dut accepter de passer dans le Tiers Ordre, puis d'être
rendu à l'état laïc en mars 1800, Il regagna
alors l'armée de Condé, cantonnée en Styrie,
où il resta près d'un an, puis l'armée fut
licenciée en 1801 et il put enfin songer à regagner
la France en 1801. II reprit du service en 1814, à la rentrée
des Bourbons en France mais fut admis à la retraite en
novembre 1815. Après le décès de son épouse
et celui de sa mère, Ferdinand de Hédouville vint
habiter Soissons, avec ses trois filles, ce qui lui permit de
suivre les exercices de piété et d'études
au grand séminaire. Il fut ordonné prêtre
en 1830, à l'âge de 56 ans et fut nommé chanoine
honoraire de la cathédrale de Soissons, sans recevoir un
office à charge d'âmes, incompatible avec sa faible
santé physique héritée de sa période
d'exil, mais il était assidu au chœur de la cathédrale;
où il remplissait l'office de Semainier, avec toute la
régularité d'un chanoine titulaire. Tout le reste
de sa vie fut celle d'un religieux d'une exactitude parfaite.
Cependant, à l'exemple de leur père et aussi de
leur grand-père maternel, les trois sœurs Hédouville
voulurent se consacrer à Dieu dans la vie religieuse. Or
ce ne fut pas sans réticences de la part de leur propre
père, mais son esprit de foi et son amour de Dieu finirent
par lui faire accepter ce sacrifice. Joséphine et Pauline
entrèrent à la Visitation de Reims, l'une en juin
1830, l'autre en juin 1833 - Quant à Caroline, elle entreprit
en 1835 de ressusciter la communauté des Minimesses à
Soissons, mais elle fut rappelée à Dieu dès
1837, après de longues souffrances admirablement endurées.
Quant à leur père, l'état de sa santé,
très précaire depuis son retour d'émigration,
s'aggrava à partir de 1852 et surtout de 1854 où
une paralysie le frappa du côté gauche et il s'éteignit
à Soissons le 24 juin 1856, âgé de près
de 82 ans, ayant supporté ses infirmités et ses
souffrances avec une patience remarquable.
Ainsi se termine l'histoire de ce petit rameau l'Eleu de la Bretonne
qui ne dura guère et qui eut beaucoup à souffrir
de l'époque révolutionnaire, mais qui, en acceptant
malheurs et souffrances dans un total abandon à Dieu, nous
a laissé un exemple remarquable.